« L'Allemagne et la France sont sorties de récession dès le deuxième trimestre, plus tôt que ce que pensaient les prévisionnistes de tous bords ». L’agence Reuters, comme d’autres, n’y est pas allée dans la mesure pour commenter le très timide soubresaut du PIB français au 2ème trimestre 2009. Avec ce

+ 0,3 %, le PIB français met certes fin à quatre trimestres consécutifs de baisse, mais de là à en déduire que notre économie est « sortie de la récession », il y a un pas que nos pas si lointains cours d’économie ne nous permettent pas de franchir.

Les suppressions  d’emplois sont bien trop nombreuses tous les mois qu’il est bien imprudent de parler d’une quelconque sortie de crise.

Christine Lagarde n’a d’ailleurs pas fait de triomphalisme pour annoncer le chiffre. Si la consommation s’est plutôt bien maintenue en France, c’est bien grâce au modèle social français dit de répartition qui permet de limiter les pertes de pouvoir d’achat des français. Finalement, le système ainsi tant décrié par la droite française et son idéologie d’un autre siècle montre que la solidarité résiste mieux aux crises que la loi du marché.

14 août 2009

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  1. +0,3 % du PIB

au second

trimestre

Prématuré

pour parler de

reprise

La reprise ? Quelle reprise ?

Si la croissance enregistrée au deuxième trimestre est une bonne nouvelle, elle doit tout à l’intervention de l’Etat

(Source : Marianne2.fr)


Christine Lagarde, qui a pour qualité de mesurer ses paroles, a cédé ce matin à la facilité en annonçant que la France « sort enfin du rouge, après quatre trimestres de récession ».  Car, même si la récession est officiellement interrompue, la réalité économique du pays reste dégradée. Pour comprendre, il suffit de savoir que la progression de 0,3% du produit intérieur brut annoncée ce matin par l’Insee est calculée par rapport au chiffre du trimestre précédent. Pour prendre une image, un nageur qui a coulé à pic de 30 mètres dans un gouffre n’est pas sorti d’affaire parce qu’il est remonté de 3 mètres. Et on sait qu’il ne sera sauvé que lorsqu’il sera remonté à la surface et en état de nager.


L’Insee d’ailleurs a calculé la distance qui sépare l’économie française de la surface, appelé « acquis de croissance ». Selon l’Institut de la statistique, cet acquis de croissance s’établit à -2,4%. Ce qui signifie que si aucune variation de croissance (négative ou positive) n’était constatée à la fin de 2009, l’économie française reculerait de 2,4%. Pour être à zéro, il faudrait donc deux trimestre de croissance à +1,5% environ. On le voit, nous ne sommes pas du tout sorti du rouge, même si, à l’évidence, la « surprise » délivrée ce matin sur RTL par la ministre de l’Economie est une bonne nouvelle.


On aurait aimé d’ailleurs que Christine Lagarde s’étende un peu plus sur les causes de ce bon chiffre.  En soulignant, par exemple :


1- Que le sursaut d’activité est à mettre directement en rapport avec l’état des comptes publics. Que si on a ce bon chiffre, c’est bien parce que l’Etat a soutenu l’activité, notamment de la branche automobile, qui a permis ce que l’Insee appelle : « la reprise de la production de biens et de services ». 7,8. Il aura fallu injecter 7,8 milliards d’euros pour éviter un effondrement complet de cette branche. De même, si la consommation s’est a peu près tenue, c’est bien à cause du parachute social français, qui permet de limiter les pertes de pouvoir d’achat des ménages. Ceux qui se lamentent si facilement sur « le gouffre du déficit »  (- 86 milliards d’euros pour les sept premier mois…) savent désormais où va l’argent…


2- Le problème c’est que l’Insee nous indique que cette situation devrait perdurer, car l’Etat est toujours le seul animateur de l’économie nationale. « L’intervention de l’Etat a permis de contrebalancer le comportement des entreprises qui avaient surréagi à la fin de l’année 2008 en coupant dans toutes les dépenses. Mais pour obtenir un réel redémarrage, il faudrait que les agents privés, les entreprises, les ménages, les marchés, prennent la relève de la dépense publique », explique Henri Sterdyniak, directeur de département mondialisation à études à l’OFCE, qui ajoute : « On peut espérer un miracle ». Car ce que disent aussi les chiffres de l’Insee est plutôt pessimiste : les entreprises ont cessé pratiquement d’investir, afin de garder l’argent dans leurs caisses, et continuent de licencier.


3- Que l’action de l’Etat français aurait été bien insuffisante si nos voisins allemands n’avaient pas puissamment soutenu leur propre économie, créant un appel d’air pour les produits français. Encore une fois, c’est la prime à la casse automobile instituée par Berlin (deux à trois fois plus élevée que celle en vigueur chez nous) qui a drainé des exportations de voitures made in France. En 1920 on disait l’Allemagne paiera, et, bien, c’est fait ! Plus sérieusement on s’aperçoit que deux pays pratiquant le modèle social européen échappent plus vite à la récession que les différents modèles que préfèrent les néo-libéraux : Grande-Bretagne, Espagne, Etats-Unis.


Il faut néanmoins rendre justice à Christine Lagarde. Malgré l’utilisation abusive, hélas répandue, du code couleur statistique, elle a évité le triomphalisme. Nos confrères de RTL n’ont pas relevé son avertissement : « la situation du marché du travail devrait rester difficile au cours des prochains trimestres. » La phrase, d’apparence anodine, ne l’est pas, puisque demain, l’Insee doit publier les chiffres de l’emploi du même trimestre de l’année 2009, dont la ministre doit avoir connaissance. On s’attend à 200 000 suppressions de postes, ce qui évidemment relativiserait grandement tout discours sur « la reprise ».

 

Pour conclure, et puisqu’il s’agit ici de répondre à la question « qu’est-ce que la reprise ? », laissons au président Barack Obama le soin de  répondre, lui qui déclarait dans un discours la semaine dernière : « On ne pourra pas parler de reprise tant que l'économie détruira des emplois. » La sagesse, non ?



http://www.desirsdavenir-lyon3.org/Index/Evolution_PIB_2009.html

13 août 2009

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Crise financière

L’argent des

banques,

l’argent de

l’Etat : vertus

publiques et

vices privés

Depuis mon dernier billet, l’actualité m’a incitée bien des fois à revenir vers mon clavier pour une nouvelle chronique, mais je voulais aussi m’astreindre à une petite cure de désintoxication au web. C’est dur, mais c’est possible. Amis accros à Facebook, blogs et autres Twitter, je vous assure que ça ne fait pas de mal de se délivrer un peu de la tyrannie de l’actualité permanente, et de la remplacer par quelques heures de lecture ininterrompues (ou presque). Cela ne change rien à la dure réalité, mais ça peut aider à y voir plus clair.

Comment, par exemple, ne pas être sidérée par ce qui est en train de se passer entre les banques françaises et le gouvernement, après tous les discours de Nicolas Sarkozy sur la moralisation du capitalisme, les promesses sur les nouvelles règles du jeu de la profession, les garanties et les contreparties soi-disant obtenues en échange du plan de sauvetage du secteur bancaire par l’Etat ?

Dans un premier temps, j’aurais volontiers exprimé mon indignation envers les dirigeants de la banque qui, non seulement ont manqué à leur récent engagement sur la transparence des rémunérations, mais ne semblent pas mesurer leur part de responsabilité dans la crise économique et sociale que nous traversons.

En y réfléchissant davantage, c’est plutôt une lourde défaillance du gouvernement que dévoile l’affaire du milliard bonus de la BNP à ses traders, quelques mois après avoir bénéficié d’une aide de l’Etat de plus de 5 milliards.

Au-delà du cas de la BNP Paribas, rappelons en effet, avec la Cour des Comptes, qu’à la fin de l’année l’Etat aura déboursé quelques 173 milliards d’euros en prêts et apports de fonds propres pour les banques, c'est-à-dire plus de 9% du PIB de notre pays. Ça promet pour la suite des événements.

Il ne s’agit pas de remettre en cause le principe du sauvetage du système bancaire en tant que tel, c’était bien entendu une nécessité pour l’Etat d’intervenir, mais plutôt de se demander ce que le gouvernement a cherché à obtenir en échange. Et ce qu’il a obtenu.

Je crois en effet que si on peut discuter à l’infini pour savoir si une banque privée pourra jamais s’intéresser à autre chose qu’à ses intérêts, personne ne peut nier que l’Etat, lui, se doit d’être un peu plus qu’un guichet de prêt, et que son rôle est précisément de faire triompher l’intérêt général sur les intérêts particuliers.

Mais est-ce bien ainsi que l’Etat français s’est comporté ? Est-ce bien ainsi qu’il conçoit encore son rôle ?

En effet, au vu des déclarations de François Fillon et du Président de la République, il semblerait bien que leur seul objectif n’a jamais été que de se faire rembourser. Encore heureux. Et nous devrions les féliciter, les remercier devant tant de courage et d’ambition ?

Mais l’Etat n’est pas une banque, et les responsables politiques ne sont pas des traders : on ne peut pas se contenter d’une opération plus ou moins neutre sur le plan comptable, alors qu’une crise sans précédent prouve que c’est la logique même du système financier qui est pervers, notamment le mode de rémunération des opérateurs sur les marchés spéculatifs.

Nous ne pouvons aujourd’hui que constater que rien n’a été fait réformer le système et mettre fin à ses pratiques les plus pernicieuses. Pire, nous comprenons à quel point l’Etat ne s’est jamais vraiment senti en devoir de le faire, justifiant aujourd’hui son incapacité à gouverner et à réglementer les puissances de l’argent.

L’incurie de l’Etat est d’autant plus inquiétante pour la suite que le rapport de la Cour des Comptes cité plus haut estime que les banques ne tiendront pas non plus leurs engagements sur le financement de l’économie française d’ici la fin de l’année.

Nous l’apprendrons probablement lors d’une conférence de presse d’une banque aux résultats en hausse, certainement pas au travers d’un communiqué de l’Elysée, ou du gouverneur de la Banque de France.

Nous ne pourrons nous contenter, alors, d’une vague explication sur l’impuissance publique, le cynisme regrettable de quelques-uns, la « tolérance zéro » de Christine Lagarde ou la promesse d’en reparler au prochain sommet international.

Nous en conclurons simplement que le gouvernement n’a pas été la victime consentante d’un marché de dupes, mais le complice actif d’une véritable extorsion de fonds.

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Ségolène Royal était l’invitée de l’émission politique «Le Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI». Malgré l’insistance des journalistes à poser des questions sur des polémiques médiatiques, Ségolène Royal a pu quand même traiter des sujets de fond


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