Habitat Durable

Septembre 2007

Appel à projets de construction de « maisons bois à basse consommation d’énergie en logement social»




Un habitat à haute performance énergétique

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Le chauffage et l'eau chaude sanitaire représentent pas moins du quart de l'énergie consommée en Europe par les ménages ; ils représentent aussi une part déterminante des charges d'habitat. L'objectif qui devra être atteint est de consommer moins de 45 kwh d'énergie finale par m² de surface habitable et par an pour le chauffage, dans les conditions standard (19°C dans les pièces à vivre). Cet objectif d'utilisation rationnelle de l'énergie suppose des dispositions passives et actives et de favoriser l'emploi de sources d'énergies renouvelables : des solutions astucieuses et pragmatiques doivent être préférées à des équipements sophistiqués, coûteux ou fragiles.



En premier lieu, les principes d'architecture bioclimatique qui avaient été redécouverts au moment de la première crise pétrolière font partie de ces solutions de base.


Mais, il convient en outre de réaliser une isolation périphérique performante (murs extérieurs, toiture, plancher bas du rez-de-chaussée, vitrages) ; de maîtriser les ponts thermiques qui représentent dans certains bâtiments jusqu'à 40 % des déperditions (c'est lorsque la barrière isolante est rompue ; par exemple : des linteaux de béton, des dalles, des poutres métalliques qui « conduisent » les calories de l'intérieur vers l'extérieur); d'assurer la continuité de l'étanchéité à l'air et de gérer le renouvellement d'air (par exemple : ventilation double flux avec récupération de chaleur à haut rendement).


La maison à ossature bois s'avère un mode constructif particulièrement pertinent pour atteindre ces objectifs, en particulier quant à la performance d'isolation et l'élimination des ponts thermiques.


Une architecture bioclimatique 

Bénéficier des apports solaires en hiver et garder la maison au frais en été.

Les principes de la conception bioclimatique peuvent se résumer ainsi :


- Construire un volume compact, bien « niché » dans son terrain, minimisant le développé de surface en contact avec l'extérieur (une maison à étage répond, entre autres, à cet objectif) et se protéger du froid avec des pièces «tampons» (non isolées : cellier, garage ÂÂÂ) au Nord


  1. - Se protéger du vent grâce à une toiture aérodynamique et par la plantation de haies


- Favoriser les apports solaires gratuits (ou passifs) : une vitre verticale Sud est excédentaire en énergie si elle est occultée la nuit par un volet : il faut donc placer l'essentiel des vitrages au Sud. Les vitres Nord sont toujours déficitaires, donc évitez les. Les vitres Est et Ouest sont déficitaires également : elles ne jouent donc aucun rôle d'apport solaire en hiver, par contre elles peuvent apporter beaucoup de chaleur en été alors qu'on cherche à l'éviter


- Stocker les apports calorifiques dans des matériaux à inertie (béton, pierre, terre : mur intérieur de terre crue, dalle en bétons, carrelage de terre cuite…) et/ou utiliser l'inertie du sous-sol (puits canadien par exemple)


- Se protéger des surchauffes estivales en évitant de trop grands vitrages à l'Ouest et en mettant en place des protections du soleil estival (débords de toiture, auvents, pare-soleil, arbres à feuilles caduques...)


- Utiliser la végétation persistante pour se protéger des vents froids et de la végétation caduque pour se protéger des surchauffes estivales


- Favoriser un éclairage naturel grâce à une disposition judicieuse des pièces et des ouvertures et un choix de couleurs claires pour les surfaces murales


Ces principes ne sont aucunement générateurs de «surcoûts à l'investissement» : ils nécessitent d'abord une volonté et une implication du maître d'ouvrage et un investissement intellectuel du concepteur, pour que les principes simples de la conception bioclimatique soient appliqués.


Une isolation thermique forte

Conserver la chaleur ou la fraîcheur, c'est la fonction de l'isolation thermique. Construire en structure-bois, c'est déjà un atout pour éviter les ponts thermiques mais aussi pour intégrer une forte épaisseur d'isolant.


Les vitrages que l'on aura privilégiés plein sud (car tout ouvrir à l'ouest, c'est la surchauffe estivale assurée) seront choisis selon leurs performances car le double vitrage haute performance voire le triple vitrage divisent par deux les déperditions.


Le rôle des volets (qui peuvent être choisis en bois ou isolants) est essentiel : en été surtout pour occulter et faire barrage à l'ensoleillement et au réchauffement par l'air extérieur, en hiver surtout pour compléter l'isolation des vitrages.


Enfin, les résultats en termes de confort et d'économie vont dépendre complètement des comportements des résidents, matin et soir.


Une gestion performante du renouvellement d'air

Renouveler l'air de la maison est une nécessité vitale : pour y apporter un air neuf et pourvoir à nos besoins en oxygène, pour évacuer les odeurs et les polluants qui s'y accumulent, pour éliminer l'excès d'humidité, pour fournir aux appareils à combustion l'oxygène dont ils ont besoin pour fonctionner sans danger pour notre santé.Dans le passé, cette aération se faisait naturellement dans les logements, peu étanches aux courants d'air.


Maintenant, l'étanchéité à l'air des habitations a fait beaucoup de progrès et nous avons besoin de systèmes de ventilation efficaces.

Mais le renouvellement d'air, imposé par la réglementation, peut devenir un facteur significatif de perte de calories.


Une réponse pertinente peut être la Ventilation Mécanique Contrôlée (V.M.C) à double-flux : moyennant un échangeur de chaleur efficace, l'air frais neuf et filtré venant de l'extérieur est préchauffé par la chaleur de l'air vicié évacué sans mélanger les flux.

Cet équipement est plus coûteux qu'une VMC simple-flux, mais il permet des économies de chauffage importantes :


- En récupérant jusqu'à 70% (90% dans les systèmes haute performance maintenant sur le marché) de l'énergie contenue dans l'air vicié extrait


- En profitant de la chaleur dégagée notamment par la cuisson ou la toilette


Votre installation doit être bien conçue et entretenue tous les ans pour être efficace, saine, silencieuse et performante énergétiquement.


Une régulation du chauffage

La programmation du chauffage : chauffer quand c'est nécessaire.

A moins de 45 kwh/m²/an, c'est presque un « appoint de chauffage » qu'il s'agira la plupart du temps de réguler. L'objectif est :


- De gérer les besoins de confort différents selon les pièces (19 degrés dans les pièces à vivre, 16 degrés dans les chambres, c'est bon pour la santé, le porte-monnaie et l'environnement. Un degré de moins, c'est peut-être un pull en plus, mais c'est surtout 7 % de consommation en moins).


- Et de tenir compte des périodes d'occupation effective des pièces (baisser le chauffage de plusieurs degrés durant l'inoccupation des pièces ou lorsque les besoins de confort sont limités).


Le système de régulation doit être défini pour programmer et adapter le chauffage au plus près de vos besoins selon le jour, l'heure et les pièces.

 

Ségolène Royal, la politique par la preuve

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